La zone à faibles émissions mobilité de la Métropole du Grand Paris n'a pas été créée en 2025. Elle s'applique depuis juillet 2019, avec une première étape visant les véhicules non classés et Crit'Air 5 à l'intérieur du périmètre de l'autoroute A86, puis une deuxième étape au 1er juin 2021 qui a étendu la restriction aux véhicules Crit'Air 4. Ce qui s'applique depuis le 1er janvier 2025 est l'étape suivante, celle qui vise les véhicules classés Crit'Air 3.
Le texte qui régit cette zone est l'arrêté n° AP/2024/415 du 20 décembre 2024 du président de la Métropole. Son article 1er crée la zone pour une durée de cinq années à compter de l'entrée en vigueur de l'arrêté, et son article 13 fixe cette entrée en vigueur au 1er janvier 2025 : le terme de ce texte est donc le 31 décembre 2029, sans que le renouvellement soit acquis. Le périmètre couvre les voies ouvertes à la circulation publique situées à l'intérieur de la zone délimitée en annexe. Sont notamment exclus des restrictions l'autoroute A86, ses bretelles et échangeurs et les portions d'axes qui la relient directement, les itinéraires de substitution en cas de fermeture de l'A86, les itinéraires du Plan Neige et Verglas en Île-de-France et les voies figurant en annexe 3 de l'arrêté. La Métropole fait état de 77 communes concernées, dont Paris.
L'article 3 de l'arrêté énumère limitativement les véhicules concernés, et les voitures, c'est-à-dire les véhicules de catégorie M1 au sens de l'article R. 311-1 du code de la route, y figurent expressément. L'article 5, I interdit la circulation des voitures classées Crit'Air 3, 4, 5 et non classées du lundi au vendredi, de 8 heures à 20 heures, à l'exception des jours fériés : une voiture de fonction qui circule avant 8 heures ou après 20 heures, le week-end ou un jour férié n'est pas visée. Selon la Métropole et la Ville de Paris, l'étape Crit'Air 3 vise ainsi les voitures diesel immatriculées avant 2011 et les voitures essence immatriculées avant 2006. Sauf exception tenant à sa norme Euro, une voiture diesel immatriculée depuis 2011, ou essence depuis 2006, n'est donc pas visée par l'interdiction en vigueur, et l'arrêté ne comporte aucune étape ultérieure visant la classe Crit'Air 2. Le feuillet 2026 de la Métropole affiche un objectif de 100 pour cent de véhicules propres en 2030, qu'aucune étape de restriction ne traduit à ce jour.
L'article 4 impose l'affichage du certificat Crit'Air sur les véhicules visés à l'article 3, même lorsqu'ils bénéficient d'une exemption ou d'une dérogation, la classification étant celle de l'arrêté ministériel du 21 juin 2016 : c'est ce texte, et non l'arrêté métropolitain, qui détermine la classe d'une voiture donnée, d'après sa norme Euro lorsqu'elle est connue et, à défaut, sa date de première immatriculation. Le fondement légal figure au VI, 3° de l'article L. 2213-4-1 du code général des collectivités territoriales, qui vise les véhicules diesel et assimilés immatriculés pour la première fois avant le 31 décembre 2010 et les véhicules essence et assimilés avant le 31 décembre 2005 ; la correspondance entre ces dates et la classe Crit'Air 3 est la lecture faite par la Métropole, et non un terme de la loi. La Métropole précise que la vignette est obligatoire pour circuler, et même pour stationner pendant les plages de restriction, et que son absence est sanctionnable même pendant la période pédagogique. Nous n'avons trouvé aucune donnée publique sur la verbalisation effective de ce défaut de vignette.
La sanction de l'interdiction, elle, a déjà été reportée d'un an. L'arrêté du 20 décembre 2024 prévoyait, à son article 14, que les autorités chargées de son exécution en organiseraient la sanction à compter du 1er janvier 2026. Par un arrêté n° AP/2025/501 du 16 décembre 2025, publié sur le site de la Métropole, son président a remplacé cette date par celle du 1er janvier 2027, sans modifier les autres dispositions. Les considérants de cet arrêté retiennent notamment deux motifs : le marché public porté par l'État pour la mise à disposition des équipements de contrôle sanction automatisé ne permettait pas un déploiement effectif en 2026, et la procédure parlementaire sur la loi de simplification était alors en cours. Le communiqué de la Métropole du 22 décembre 2025 annonce une période pédagogique du 1er janvier au 31 décembre 2026 pendant laquelle aucune sanction n'est appliquée, et la page métropolitaine précise que les contrôles sont ponctuels et informatifs.
Une voiture Crit'Air 3 qui circule aujourd'hui dans la zone pendant les plages de restriction est donc en infraction sans être verbalisée. La méconnaissance de ces restrictions par une voiture est punie, selon l'article 10 de l'arrêté et l'article R. 411-19-1 du code de la route, d'une contravention de troisième classe, dont l'amende forfaitaire est de 68 euros en application de l'article R. 49 du code de procédure pénale, et l'infraction peut entraîner l'immobilisation du véhicule. L'arrêté du 16 décembre 2025 charge les autorités d'organiser cette sanction à compter du 1er janvier 2027 ; il ne garantit pas qu'elle sera effective ce jour-là, et le report déjà intervenu montre qu'une telle échéance peut être déplacée par un simple arrêté.
Deux souplesses existent, dont la portée pratique mérite d'être mesurée avant d'en faire un plan de déplacements. Le Pass ZFE 24H ouvre au maximum 24 journées pleines par année civile, mais l'article 8 de l'arrêté, dont l'article 9 organise la procédure, impose d'enregistrer le véhicule sur la plateforme de la Métropole au moins 15 jours avant la première utilisation, puis de déclarer chaque date au moins 24 heures avant la période sollicitée. Le Pass ne se demande que pour les jours soumis à restriction : pour une voiture, les samedis, dimanches et jours fériés ne consomment aucune journée. Des dérogations locales sont par ailleurs délivrées pour une durée n'excédant pas trois ans, renouvelable, selon des motifs et des pièces justificatives limitativement précisés en annexe 1 de l'arrêté. Parmi les dérogations ouvertes aux professionnels, deux peuvent concerner une voiture d'entreprise sans usage spécialisé ni situation particulière de l'entreprise : celle des auto-entrepreneurs et des entreprises d'au plus 10 salariés dont le chiffre d'affaires annuel est inférieur à 2 millions d'euros et qui s'engagent au renouvellement ou à l'évolution progressive de leurs véhicules, accordée pour trois ans, ou pour un an renouvelable une fois pour les véhicules Crit'Air 5 et non classés, et celle des véhicules professionnels dont le remplacement par un véhicule autorisé a été commandé, accordée pour un an renouvelable une fois.